De la merde dans les yeux

Souhaiter la bonne année. Je ne sais pas. J’en n’ai pas vraiment envie. Y compris à l’attention des gens que j’aime. L’obscénité de la situation m’en empêche. Le viol de cette « jeune femme » ou « jeune fille » ou « étudiante » en Inde, anonyme, décidément. Elle est morte. Tout le monde s’accorde soudain à dénoncer cette « atrocité ». Le gouvernement indien, l’Onu, les médias, locaux, occidentaux, les autres, les habitants de New Delhi… Soudain. Y compris en affirmant n’importe quoi. Où avaient donc les yeux de tous ces gens avant le samedi 29 décembre 2012 ? Sous la carlingue du bus ? À l’intérieur de la barre de fer rouillée qu’une bande de mecs lui a enfournée ? Ah ! Sur le fil de nylon où étaient enfilées les perles brodées de son string Made in China venu s’échoir sur la chaussée. Non. Ailleurs. Sur la carte du Mali ? Certainement pas. De la Syrie ? Non plus. Ça continue à barder, à flinguer, à violer, à éliminer. Le nombre compte peu. Ce qui compte, c’est la durée. La stratégie du pourrissement. Plus ça dure, plus ça rapporte. En fric, en amollissement des rébellions. En appauvrissement des luttes. En contamination des esprits.

Où sont-ils donc ces yeux ? Dans la négation. Je lis, relis avec effroi, parfois, des affirmations qui semblent faire office d’efforts à ne pas voir. Et vas-y que la « mondialisation servirait la cause des femmes [… à l’instar ] des sauvages […] » par ci, que les violences sexuelles « n’ont rien à voir avec la montée de la pauvreté » par là… Qu’on soit libéral ou gauchiste, philosophe ou syndicaliste, les luttes des femmes n’ont pas encore trouvé grâce. Leurs volumes, tellement diversifiés, n’ont pas encore colorisé le vortex cognitif des relations de classe et de race. Pfuttttt…. On me dit aigrie, pessimiste, fataliste, fatiguée. Au choix. Je le disais moi-même de mes ainées quand j’avais trente ans. Peut-être avais-je de la merde dans les yeux ?

Je souris. Ma fée clochette me dit de retrouver ma sagesse, mon humilité et de respirer. Allez ! 2013, « année balèze », m’a soufflé une copine… On y croit fort !

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