Turquie : d’où vient la terreur ?

IMG_6953Erdogan a gagné et avec lui la droite islamo-conservatrice la plus traditionaliste et masculiniste. Le 1er novembre dernier, un peu plus de 49% des électeurs turcs ont choisi le parti de ce que les commentateurs appellent la « stabilité ». Cinq jours plus tôt une jeune femme de 25 ans était tuée par balles par des policiers parce qu’elle leur avait demandé de se déchausser avant de franchir la porte de ses parents. Légitime défense contre acte terroriste, ont-ils plaidé. Là est bien la logique de la stabilité turque : terreur contre savoir-vivre. Le cas n’est pas rare.  La terreur ne se loge pas où on croit. Manifeste, du côté du pouvoir politique, elle est légitime. La Turquie talonne à cet égard l’Afrique du sud. S’applique. Copie. Un jeu de concurrence entre deux États sur les terrains de deux unions nationales qui s’enlisent. De deux autoritarismes bénéficiaires de la complicité occidentalo-européenne pour cause de fermeture de frontières. Les expressions d’une force virile, d’une supériorité sexuelle masculine assumée comme naturelle, autorisées et soutenues par la majorité des populations, prises de peur, déballonnées. Des surpuissances par héritage, basées sur l’élimination des corps des femmes. Ces femmes, symboles à leur insu d’une résistance à un archaïsme revendiqué au plus haut niveau, incarnent le mal. La déviance. Le changement. Trop. Trop pour ces dirigeants, Erdogan et Zuma, tribuns parmi les humbles, dignitaires parmi les simples, corrompus parmi les pauvres. Zuma, le violeur, et Erdogan, l’unique, le supérieur, le « sultan », ont leurs épouvantails et le montrent… à qui veut le voir.

Joelle Palmieri
6 novembre 2015

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4 Responses to “Turquie : d’où vient la terreur ?”
  1. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycott.

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